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Critique littéraire : Putain de demi-siècle  7

Critique littéraire :

Putain de demi-siècle

Thierry Camin

Titre d’origine : Putain de demi-siècle
Auteur : Thierry Camin
Date de parution : 15 octobre 2010
Nombre de pages : 116 (format ebook)
Édition : Persée

Quatrième de couverture :

Santé, Amour et Argent, une conjonction qui fait rêver et espérer. Mais le vécu me l’a conjugué différemment par souffrance, trahison et faillite. Pour la plupart du commun des mortels, les trois premiers mots ont une signification forte. Et d’ailleurs, il y a plusieurs combinaisons possibles, cela reste mathématique et disons que probablement et statistiquement (bien qu’aucuns chiffres ne viennent corroborer ces dires !), je m’autorise à penser aisément que l’on peut en associer au moins deux dans une grande majorité des cas. Pour le côté positif de la chose. Mais ici, il n’en sera pas de même !

Alors sans complexes je vais vous conter mon expérience. D’où ce titre assez évocateur et l’envie irrésistible de ponctuer par l’écriture ce premier chapitre plutôt épique de mes cinquante ans…

Signé : un être humain qui garde un sens à la vie !

Y a-t-il une suite ? Peut-être

Ma chronique :

Voici que pour la première fois je m’essaye à tester la lecture d’un Ebook via mon tout nouvel Ipad apporté il y a peu par le grand barbu de Noël. Ne sachant que choisir, je flâne sur des sites de lecture quand soudain un titre attire mon œil ! « Putain de demi-siècle !» Plutôt étrange l’introduction de ce mot vulgaire sur la couverture de ce qui m’a tout l’air d’un premier roman. C’est donc intriguée par ce titre qui sonne comme une interjection que je lis le résumé sur le site de l’éditeur. Il s’agit d’une autobiographie des clinquantes premières années de vie de l’auteur : Thierry Camin. Je tiens à signaler que je n’aime d’ordinaire que très peu ce style, surtout depuis ma rencontre imposée en terminale avec Les confessions de Jean-Jacques Rousseau, mais ceci est une autre histoire ! Bref, après avoir quelque peu lutté avec ITunes et le matériel technologique, décidément pas si pratique, me voilà enfin prête pour ma première expérience de lecture « virtuelle », confortablement installée dans mon canapé.

Après une brève introduction dont une bonne partie est reprise dans le résumé précédemment lu, on plonge littéralement dans la vie de l’auteur. On y découvre un jeune garçon trépident et aimant la vie. Malheureusement dès son plus jeune âge Thierry vit avec une mal formation du genou qui l’empêche de mener une vie normale de petit garçon sportif. Il se voit donc empêcher de vivre son rêve (L’auteur ne cessera de nous rappeler par la suite l’incompétence de son thérapeute !). On en apprend pas beaucoup sur l’enfance de Thierry on sait juste que l’école n’est pas une priorité et qu’il décide sous le « piston » de sa mère d’aller travailler dès ses 14 ans. Après plusieurs emplois successifs qui dévoilent son inimitié avec les métiers manuels, Thierry va finalement devenir fonctionnaire et nous n’en saurons pas bien d’avantage. La suite de l’ouvrage s’emploie à décrire les mésaventures amoureuses, les difficultés financières et les plusieurs épisodes dépressifs de l’auteur. Il est difficile d’entrer plus loin dans les détails sans réellement dévoiler le contenu du recueil. Je vous laisserai donc découvrir l’intimité de Thierry par vous-même.

Ce que je peux vous dire c’est que ce livre est pour le moins atypique et déroutant ! L’auteur ponctue les phases de sa vie par des poèmes qu’il a écrit lui-même sous le coup des émotions du moment raconté. Cette alternance entre poésie et prose ordinaire est allégrement bien menée. Si la prose traduit le fait, le poème sublime l’émotion ressentie. On pénètre alors réellement dans l’intimité des sentiments. La construction systémique de l’ouvrage est une réelle réussite bien que très déroutante pour le néophyte.

Par un style fluide et pétillant, Thierry nous raconte sa vie, ses amours mais également ses erreurs et son passé dépressif. Il semble que l’écriture évolue avec la lecture et l’avancée dans le temps de l’ouvrage. En effet, au début l’on croit lire le journal intime d’un adolescent ponctuant ses phrases d’interjections comme : mdr  ou lol ! Plusieurs fois le lecteur est pris à témoin des idées de l’auteur comme s’il en cherchait l’approbation ce qui a l’avantage de rendre le récit beaucoup plus vivant. Au fur et à mesure l’écriture murie, les tournures sont plus complexes sans pourtant devenir ardues. Effet voulu par l’auteur où juste coïncidence de l’évolution d’un auteur au fil de son écriture, j’aime à penser que Thierry nous a volontairement laissé une trace de son cheminement littéraire.

Les poèmes, bien que réellement travaillés et construits, sont quant à eux parfois un peu décevants. Personnellement je vois la poésie comme une évasion, comme un moment suspendu dans l’air ou l’emploi des mots souvent précieux ou oubliés embellissent la rêverie ! Ici les poèmes sont « terre à terre » avec des mots du quotidien et parfois tombant « comme un cheveu sur la soupe ».  Comme si l’auteur s’empêchait de quitter la réalité. Difficile d’expliquer ce ressenti sans exemple mais se serait faire infidélité à l’auteur que d’en dévoiler un seul. Ce qui est séduisant en revanche c’est leurs diversités, ils touchent tous les sujets d’une vie bien remplie. Un m’a particulièrement enchanté par son humour et sa drôlerie réellement  perspicace. Enfin, certains textes ont été écrits sur inspirations musicales. Sans réelle saveur, couchées là sur le papier, j’ai fait l’expérience de les relire sur les musiques indiquées et quelle merveilleuse découverte. Les mots sonnent en accord parfait avec les émotions musicales nous entraînant alors dans l’univers un peu fou de son auteur ! Un vrai travail d’orfèvre.

Par cette succession de récits, de poèmes et de sensations musicales, ce n’est plus un livre que Thierry nous propose, mais une vraie expérience audio-visuelle, un déroutant son et lumière jaillissant comme un feu d’artifice littéraire sous les yeux d’un lecteur surpris.

En conclusion, il n’est jamais évident de se jeter dans les profondeurs de son être sans pour autant devenir pathétique ou condescendant. L’auteur réussi ce tour de force de nous ouvrir son âme avec pudeur, sincérité et sans mièvrerie. Il assume ses erreurs sans se plaindre et décrit ses joies avec grande humilité. O.V.N.I. littéraire et déroutante sensation livresque, je le conseille aux amoureux des autobiographies ou à tous ceux qui souhaiteraient se réconcilier avec ce genre, ici, magnifiquement dépoussiéré !

Critique littéraire : L’ange gardien  19

Critique littéraire

L’ange gardien

Marie Claire George

Ange gardien

(critique en partenariat avec les accros et mordus de lecture )

Informations :
Date de parution :
2010
Nombre de pages :
194
Nombre de nouvelles :25
Edition de ton recueil : Chloé de Lys
Quatrième de couverture :
« A votre âge, Arthur, vous pouvez prendre vos responsabilités. Je vous laisse quarante-huit heures pour découvrir une nouvelle vie à accompagner. Hâtez-vous, nous n’avons que faire d’anges oisifs. Le monde est aujourd’hui d’un danger ! Croyez-moi, il y a de l’ouvrage pour tout le monde au paradis !»

L’ange gardien

Mon avis :
En décembre dernier, le père Noël fût un peu en avance lorsque je reçu de la part de Kathy un joli paquet contenant deux livres. L’un d’entre eux était un recueil de nouvelles : « l’ange gardien » écrit par Marie-Claire George.

Je souhaiterai tout d’abord remercier les éditions « Chloé des Lys » ainsi que le forum « accros et mordus de lecture » pour ce partenariat qui est pour moi un véritable coup de cœur.

Ce recueil est un ensemble de mini scènes, de tranches de vie véridiques ou complètement farfelues. L’auteur sait par des mots simples et en très peu de temps nous embarquer dans son vécu ou dans son imaginaire. L’auteur réussit ce challenge extraordinaire de nous faire passer d’une nouvelle à une autre, n’ayant pourtant aucun lien entre elles, et ce sans difficulté mais surtout en suscitant notre impatience pour la prochaine histoire.

On partage les vies de « gens » ordinaires qui vivent pour un temps ou bien une vie, des aventures extraordinaires. Le recueil comporte 25 nouvelles chacune unique en son genre tant dans l’écriture que dans l’émotion qui s’en dégage. Toutes ont touché une émotion différente et aucune ne m’a déplu.

Le « Sourire d’Emilie » est une des nouvelles qui m’a le plus touchée. On y découvre une vieille dame, forcée par son hospitalisation de demander à sa jeune voisine de lui porter des affaires de rechange. En pénétrant son intérieur, la jeune femme découvre alors via des tas d’objets hétéroclites, la vie trépidante de la douce Emilie. Bouleversée par ses découvertes, la jeune femme ne peut s’empêcher d’engager la conversation avec Emilie qui racontera, pour la première fois, sa vie. Une histoire qui même à notre époque sort des carcans sociaux! C’est assez touchant de voir cette vieille dame que la vie a gâtée par de nombreuses aventures malheureusement solitaires se confier à une jeune inconnue simplement, sans mensonge et avec tellement de pudeur.

« Mémoires » nous fait voyager dans le temps à travers la conscience d’un arbre né dans les années révolutionnaires. On partage avec lui, les 300 ans de son existence, tantôt traversant la période napoléonienne tantôt appréciant le cri du coucou ou l’insouciance des déjeuners sur l’herbe mais également les horreurs de la guerre et enfin le supplice de son abattage. Sa renaissance surprenante m’a tiré quelques larmes, je ne saurais expliquer pourquoi, peut-être à cause de l’émotion ou de la poésie avec laquelle c’est écrit.

Dans ces nouvelles Marie-Claire sait varier les émotions notamment par des chutes surprenantes nous tirant quelques grands sourires, soit par l’innocence d’un enfant dans « Ronchon, chat d’exception » ou bien par la découverte d’un talent dans « une star est née ». Elle remet en question de grandes scènes historiques en changeant de point de vue, en relativisant l’Histoire avec un grand H. Même Louis XVI ou Caïn deviennent des personnages attachants qu’un faux pas d’un jour, finalement tellement humain, ont propulsés aux premières pages des livres d’Histoire. On partage également des combats d’une vie dans « L’or de Xoliswa ».

Ce recueil merveilleux est un ensemble de nouvelles engagées ou légères, historiques ou inventées, tristes ou joyeuses. J’ai énormément aimé la variété des personnages pas forcément humains. J’ai adoré être un chat, un arbre ou bien encore un vieux sécateur se disputant avec un stylo et une aiguille… j’aurais aimé être Sandra, réveillée en pleine nuit par un inconnu. J’ai pleuré dans « il est tard et je m’en vais», pleuré de cette indifférence face à la mort d’un être cher, pleuré face à l’amour de ce compagnon à quatre pattes.

Finalement, la variété de l’écriture est surprenante et agréable, la richesse du vocabulaire et l’emploi variés de la conjugaison nous transporte facilement d’une émotion à une autre, d’une poésie à une autre. L’on croit saisir l’écrivaine mais voilà qu’elle change de style la page suivante nous emportant de la nostalgie au fou rire, de la tristesse à la surprise, du passé à l’avenir, du réel à l’irréel.

Merci pour ce livre pétillant, joyeux, émotif, triste, nostalgique ; j’ai lu, j’ai voyagé, j’ai rêvé !

Critique littéraire : l’open space m’a tuer  8

Critique littéraire
L’open space m’a tuer

Alexandre des Isnards et Thomas Zuber


Informations

Titre d’origine : l’open-Space m’a tuer

Date de parution : 07/2010

Nombre de pages : 210

Edition de ton livre : Hachette littérature / collection Le livre de poche

Quatrième de couverture :
Ils ont fait de bonnes études, occupent des postes à responsabilités dans des entreprises prestigieuses, auront demain les clés de l’économie française et pourtant, les jeunes cadres sont au bord de l’explosion.Dans les années 1980, ils étaient prêts à tout pour réussir. Aujourd’hui, ils prennent leurs RTT, refusent des promotions et pensent que la vraie vie est ailleurs. Passé l’enthousiasme des premières semaines, les jeunes recrues se heurtent aux dures réalités des nouvelles méthodes de management. Tendinite du BlackBerry, malaises vagaux dus au stress, départs pour des ONG de sur-diplômés : dans des saynètes truculentes, on découvre les souffrances et les désillusions de la génération open-space. Jusqu’à présent, elle continuait à faire bonne figure. Avec ce livre, elle décide d’ôter le masque.

Y a-t-il une suite ? non

Un mot pour définir le livre : Vécu

Une citation du livre

« Vous l’avez compris, Isabelle fait partie des « crack-berries », ces personnes accros aux vibrations des e-mails, comme drogués de l’info plantés devant LCI à mater le tsunami en boucle. Bref on peut avoir un BlackBerry… si on sait l’éteindre »

Ma note 7/10

Mon avis :
fraîchement débarquée de ma cambrousse, je me suis retrouvée à Paris 15ème dans une entreprise aux méthodes à l’américaine et où l’Open-space, l’email et le « time-shit » étaient brandis comme des outils de travail révolutionnaires.

Après être revenue de cette soit disant innovation (machiavélique) et sur les conseils d’une collègue c’est tout naturellement que je me suis jetée sur « l’Open-space m’a tuer ».

Je m’attendais à un livre sur les problèmes et anecdotes de l’open-space, c’est en fait un recueil de situations qui arrivent dans ces grands espaces ouverts où il faut composer avec beaucoup de monde et où l’espace privé n’existe plus.

C’est une chronique très « parisienne » de la vie des entreprises modernes qui se veulent « in » mais qui au final déshumanisent le travailleur, le perdant en anglicismes pervers et en fausses bonnes idées.

Du commercial se baladant avec ses dossiers sous le bras en hurlant au téléphone à l’assistante accros à ses e mails qu’elle lit sur son BlackBerry jusque dans son lit… En fait ce livre m’a « foutu la trouille » me reconnaissant souvent (trop) dans des situations aussi drôles que finalement pathétiques.

Même s’il se lit facilement le style est quelconque et en vérité, seuls ceux qui ont « vécus » l’Open-space peuvent vraiment apprécier la critique cynique de ces folles entreprises qui peuvent parfois nous pousser jusqu’à la dépression.

Je le recommande à :  un public adulte

Critique littéraire : Les murmures du versant  0

Critiques littéraires :

Les murmures du versant

(critique en partenariat avec  http://accros-et-mordus.forumactif.com/)

Titre d’origine :Les murmures du versant● Auteur : Philippe Cortay
Date de parution : 2011
Nombre de pages : 237
Edition :Les Nouveaux Auteurs● Quatrième de couverture :Un bel hommage aux anciens des villages de France qui sont de véritables sources de connaissance pour les jeunes générations. Jean est un jeune professeur d’ébénisterie et un passionné de la nature vivant dans les Alpes françaises. Ses souvenirs le ramènent sans cesse à son histoire familiale telle qu’elle lui a été racontée par son grand-père, Jeannot Deschamps. L’Ancien sait tout de l’Alpe, de l’histoire du pays, du temps qu’il va faire, des moeurs du chamois, des habitudes de la truite fario. Avec lui, Jean apprend l’art subtil de la pêche à la mouche, de la chasse et s’enrichit par les voyages livresques que lui procurent les grands écrivains. Ce retour aux sources permettra à Jean de découvrir la vie de ses aïeux, le sens de la vie, des vraies valeurs et du lien qui unit les Hommes à la nature.
Y a-t-il une suite ? nonChronique

Je tiens à remercier le forum « Accros & Mordus de lecture » et la maison d’édition des «Nouveaux Auteurs» qui m’ont permis de découvrir les «Murmures du versant» dans le cadre d’un partenariat.

D’abord réticente à la lecture de la quatrième de couverture, ce livre a été une réelle surprise et une vraie découverte. J’ai été embarquée du début à la fin dans cet univers nostalgique qui m’a fait voyager dans le temps et dans mes propres souvenirs.

Lu en trois heures trente, (oui c’est plus facile quand on est coincée en voiture sur l’autoroute des vacances !!!) je me suis amusée, émerveillée et émue de cette touchante histoire familiale sans jamais voir le temps passer. Le temps ! Notion que l’auteur sait suspendre pour notre plus grand plaisir.

Cet ouvrage est une chronique (autobiographique ?). L’histoire se situe dans les montagnes de Savoie (on ne sait pas bien où d’ailleurs) et l’on suit, à travers le dernier de la lignée, la vie d’une famille de montagnards et leurs secrets. Dans ce livre, chaque personnage est attaché à son époque et l’on parcourt les sections (divisées en chapitres) en remontant le temps.

On rencontre d’abord Zian (Jean), jeune professeur d’ébénisterie à la ville, qui vient chaque été se souvenir de ses ancêtres auprès des montagnes de son enfance. Personnage simple et nostalgique, c’est avec lui et ses souvenirs que l’on voyage à travers les dates qui ont marqués le « versant » comme ils l’appellent là-bas.

La première section du livre, qui porte son nom, est consacrée à sa biographie. On y apprend son inaptitude tant pour les maths que pour la vie sociale en général. On rencontre également ses parents, peu enclins à vivre à la campagne, qui ont désertés la vieille ferme familiale pour accomplir leur destin plus bas dans la vallée. On sent dès les premières pages l’attachement de Zian pour son grand-père (qu’il nomme « l’ancien ») et pour les choses de la nature. Héritage qui semble avoir sauté une génération et qui renait dans ce jeune homme enraciné au « versant » dans ses gènes plus que dans son éducation.

On fait ensuite la connaissance de Joseph (le père de « l’ancien ») et de la jeunesse de « l’ancien ». Au cours de cette deuxième section, l’auteur nous fait voyager dans le maquis de la deuxième guerre mondiale où les gens du terroir se moquent bien des allemands et de leur idéologie antisémite. On y apprend comment la contrebande et la fuite des juifs vers la suisse sont organisées et font vivre les campagnes au nez et à la barbe des « Boshs » comme ils les appelaient. On découvre les histoires du village, les faits d’armes de jeunesse de « l’ancien » mais aussi les tragédies de son enfance. C’est aussi à cette époque que se jouent les drames qui dicteront toute sa vie (et de surcroît ils deviennent la trame du livre).

La dernière partie est consacrée à Jeannot (« l’ancien ») et à sa femme Germaine. On nous raconte leur première rencontre et on y apprend les secrets de la chasse et de la pèche à la mouche. C’est aussi, pour moi, le passage le plus attachant du livre. « L’ancien » est un homme rustre mais droit, chez lui pas de télévision, que des choses simples, naturelles et sans tromperies. Cet homme, que la vie a malmené, s’attache à être un exemple pour sa descendance et même s’il oublie facilement sa date d’anniversaire de mariage, il est touchant, attachant et chargé de valeurs ancestrales qui font le bon sens et la droiture des gens de son pays. La volonté de transmettre à son petit-fils les secrets du « versant » nous révèlent le sentimentalisme pudique d’un grand-père pour son petit-fils.

Enfin et sans dévoiler l’intrigue, l’épilogue du livre, digne d’un roman de Pagnol, nous montre à quel point, malgré une vie digne et droite, un homme peut-être faillible face à ses sentiments.

Ce livre m’a particulièrement étonnée et dépaysée Vétiable coup de fraicheur en en cette période de vacances estivale.

Facile à lire j’ai pourtant un véritable regret. En effet, si l’on sourit à quelques formules de phrases souvent très bien imagées ou à certaines situations décrites avec un surprenant réalisme (cf : le débarquement de Germaine dans le bar par exemple), le style de l’auteur m’a semblé malheureusement inégal. L’ouvrage souffre parfois de lenteur et certaines descriptions, certes très belles et très complètes, perdent le lecteur en détails inutiles pour qui n’est pas connaisseur voire amateur (cf : la préparation des cannes pour la pêche). Un vrai regret car j’ai adoré m’amuser dans la cour de réaction de Zian ou dans le lac de montagne protégé par le secret de famille.

Lorsque j’ai eu fini ma lecture, ma première réaction fût de le conseiller à ma mère et à mon frère tant cette histoire a fait écho à ma grand-mère et à son bon sens campagnard. C’est une histoire qui aurait pu être la mienne où celle de n’importe quel être humain qui se sent arrachés aux siens et à sa terre natale. Je tiens à remercier l’auteur pour le bon moment qu’il m’a apporté. Cette chronique m’a particulièrement touchée, pudiquement racontée, sans ajouts ni fausse note, elle a résonné en moi.

En refermant ce livre, j’ai ouvert le tabernacle de mes souvenirs d’enfance, une larme de nostalgie a coulé sur ma joue et un sourire enfantin s’est lentement dessiné sur mon visage lorsque j’ai repensé, avec regrets, aux choses de mon propre passé.